Passage de la 2cv en Roumanie

Jour #15 : visite de Belgrade et entrée en Roumanie

La forteresse de Belgrade

On se réveille dans l’appartement à Belgrade et Raluca profite de la connexion Wifi pour mettre en ligne un carnet de voyage. On a pris du retard sur le récit du voyage car l’écriture des articles nous prend pas mal de temps. En plus d’écrire les articles, il faut trier les photos, les charger sur le blog, mettre les légendes, tout relire et publier. Nous relayons ensuite les articles sur notre page Facebook 2cv verte qui grossit gentiment avec près de 180 personnes qui nous suivent assidûment. Nous commençons à être rôdés, mais cela nous prend à minima 1h30 pour chaque article, à condition d’avoir des batteries chargées et une bonne connexion internet, ce qui n’est pas toujours évident. Bien que la tenue du blog nous prenne du temps et de l’énergie, cela structure notre voyage en nous forçant à nous documenter un peu, à noter notre parcours, des idées et prendre de belles photos. On se dit aussi que cela nous fera de bons souvenirs quand nous relirons dans quelques mois ces carnets de voyage.
Pour préparer ce voyage, on a recherché pas mal d’informations sur internet et les blogs de voyageurs sont une mine de conseils utiles. La tenue du blog nous permet à notre tour de partager notre voyage et nous espérons que cela aidera d’autres personnes dans le futur. En plus, on adore avoir des retours des lecteurs (messages, commentaires, partages et mentions « j’aime » sur Facebook). Parfois on reçoit des messages de parfaits inconnus et cela nous stimule vraiment de savoir que des gens s’intéressent à notre voyage. On écrit un jour chacun et cela devient une sorte de compétition entre nous pour voir quels articles génèrent le plus de visites et de retours.

Bref, revenons à Belgrade. Nous avons quelques heures pour faire un tour dans la ville et le serbe chez qui nous avions dormi à Rose au Monténégro nous a conseillé de nous balader dans la forteresse qui surplombe la ville. Nous sommes à 15 minutes à pied du parc Kalemegdan où est située cette citadelle forteresse. Depuis là, nous avons une belle vue sur le confluent du Danube et de la Save ainsi qu’un beau panorama sur la ville de Belgrade. La forteresse a été détruite plus de 40 fois au cours des siècles, son aspect a donc été largement modifié au cours du temps. Restent aujourd’hui des murs d’enceinte et des tours de défense en pierres blanches et briques roses. Pour les fans de pièces d’artillerie, la citadelle abrite un musée de l’armée avec tout un tas de modèles de canons et des tanks. Curieusement des terrains de tennis en terre battue on été implantés dans les douves, ainsi que des terrains de basket. On se demande au passage si c’est ici que s’entrainait Novak Djokovic (originaire de Belgrade mais qui réside maintenant à Monaco) quand il était jeune ?
Après la citadelle, on redescend dans le centre ville pour parcourir rapidement les grandes rues piétonnières.
La veille l’entrée dans Belgrade a été assez difficile, c’est aussi le cas pour en sortir car nous avons du mal à nous repérer. Il y a très peu de panneaux routiers avec des directions et tout est en cyrillique. On finit quand même par trouver la bonne sortie et nous roulons vers la Roumanie.

Gros succès pour la deuche à la frontière roumaine

Le passage de la frontière à Moravita est assez marrant côté roumain. Nous devons payer une vignette « pour l’entretien des routes ». Vu l’état de certaines routes en Roumanie, on se dit que ce n’est pas un luxe et on espère que l’argent récolté sert effectivement à financer des travaux. Raluca va régler cette vignette (quelques €) dans un petit bâtiment à l’écart de la route entre les deux postes frontières. J’attends seul un long moment dans la voiture, et je vois des gens sortir un par un du bureau pour venir voir la deuche de plus près. En fait, après le chef, tous les employés intrigués ont quitté leur guichet pour venir jeter un œil amusé à la 2cv, tandis que la queue s’allonge devant les caisses. La vignette réglée, on se présente devant le poste des douaniers roumains. Le même cinéma recommence : après avoir contrôlé la carte grise, la carte verte et nos passeports, ils sortent tous de leur guérite et me demandent d’arrêter le moteur. Le chef veut que j’ouvre le capot pour vérifier le numéro du châssis. En fait il est simplement curieux et souhaite voir le moteur. Ils sont 4 ou 5 autour de la voiture et la discussion commence (avec Raluca qui traduit en roumain c’est assez simple) pour comprendre notre voyage, l’âge de la voiture, sa puissance, sa consommation… Au bout de 10 minutes, le chef me demande le prix de la deuche et veut me l’échanger contre son Audi A4 😉

Passage de la 2cv en Roumanie

On entre en Roumanie

On repart et on roule jusqu’à Deva (petite ville en Transylvanie et siège de l’école de gymnastique roumaine), à 200 km de la frontière. On retrouve des paysages plus familiers (Raluca est originaire de Roumanie et je suis déjà venu ici 4 ou 5 fois). On traverse des villages où beaucoup de monde fait un petit signe amical à notre passage. Arrivés à Deva vers 20h, on cherche un hôtel. On se renseigne dans le premier trouvé à l’entrée de la ville. Les chambres ne sont pas données et l’architecture communiste de l’hôtel ne nous fait pas rêver. Raluca remarque que le réseau Wifi de l’hôtel n’est pas bloqué par un mot de passe. Du coup, on se pose sur les marches de l’entrée pour se connecter su Booking.com où on trouve une pension qui propose des chambres à moitié prix à 2 km du centre ville. On réserve en ligne et on est gentiment accueillis par un jeune couple qui vient d’ouvrir cette petite pension avec 5 chambres rénovées, propres et calmes. C’est parfait et en plus, on peut garer la voiture dans la cour. On vous donne cette bonne adresse en bas de l’article.
On dîne dans un restaurant conseillé par le propriétaire de la pension où on mange un ciorba de fasole (soupe aux haricots) et une supa de sparanghel (soupe d’asperges). On ne vous donne pas l’adresse du restaurant car il n’avait rien d’extraordinaire…

Quelques photos :

Si jamais vous passez un jour dans le coin, une bonne adresse :

  • Vila Sarada
    Strada Horia, nr. 204, 330041 Deva
    Tél : + 40 724 862 820
    www.vila-sarada.ro
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Avec nos amis dépanneurs serbes

Jour #14 : entrée en Serbie, et premiers signes de fatigue de la deuche

Coup de froid au Monténégro

Nous nous réveillons dans un très joli cadre : au calme, entourés par des montagnes, des pâturages et des petites fleurs. Ils ne manquaient qu’une dizaine de degrés en plus pour que tout soit parfait.
Nous commençons à faire du bruit en rangeant nos affaires en espérant que le vieux monsieur va apparaître, d’un côté pour nous remettre les passeports gardés en caution, et de l’autre, pour nous proposer un café chaud car mes mains sont gelées après avoir fait la vaisselle de la veille sous l’eau glaciale. Il tarde un peu, mais finit par se réveiller et nous accueille dans sa petite maison. Il fait bon, ça sent le feu de bois, et mes pieds trempés par la rosée du matin apprécient beaucoup ce changement de température. La maison est coquette : tout est bien rangé, quelques fleurs dans un vase, une photo encadrée de Tito et un calendrier à son effigie témoignent sa nostalgie par rapport à l’époque communiste de Yougoslavie, l’âge de gloire de tous les pays de la région. Nous essayons d’échanger quelques phrases mais sommes à nouveau bloqués par le manque de vocabulaire des deux côtés. Nous imitons quand même assez bien les moutons pour apprendre qu’il n’en a pas.

Double coup de chance en Serbie

Nous reprenons la route vers la Serbie. Les virages s’enchaînent, les beaux paysages aussi, mais les kilomètres ont un peu du mal à avancer : après deux heures et demi de route, nous en sommes à 80 km à peine ! Après avoir passé la frontière, ma mission Tom Tom passe à un niveau de difficulté supérieur car en Serbie on écrit en cyrillique. Heureusement pour l’instant, les noms des villes sont marqués dans les deux alphabets sur les panneaux (enfin sur les rares qu’on trouve) et donc on continue d’avancer dans la bonne direction. En approchant de la Roumanie, on se rend compte que nous n’avons acheté aucun souvenir : on trouve au bord de la route un stand avec des pots en céramique, mais les finitions ne sont très bonnes. Par contre Jacques découvre un tracteur de la marque Fendt et nous passons plus de temps à l’admirer et à le prendre en photo qu’à regarder les pots.
Après un déjeuner pittoresque dans la cour d’une usine, nous repartons et l’on se rend compte dans le premier rond point que le clignotant ne marche plus. On s’arrête en bord de route à côté d’une concession auto et Jacques commence à émettre des hypothèses. On teste les fusibles (même si l’on n’a pas les mêmes en réserve) mais ce n’est pas ça. Il se met à toucher et à resserrer les câbles, mais son toucher n’est pas magique et ça ne marche toujours pas. C’est dimanche et nous sommes à une centaine de kilomètres de Belgrade, dans une petite ville de province. Je nous vois déjà passer la nuit ici, en attendant qu’un garage ouvre demain matin et en bon Tom Tom j’essaie déjà de reconfigurer le parcours en prenant en compte le retard d’un jour sur la route.
Heureusement nous avons plus de chance que cela : 2 jeunes approchent et, pour la première fois dans notre voyage, on nous demande en français si l’on a besoin d’aide. Un des jeunes était joueur de basket et a passé 3 ans dans des clubs en France. Son français est parfait et on lui fait comprendre notre problème. Maintenant il tient la concession auto à côté de laquelle nous nous étions garés et revend des voitures d’occasion achetées en France et en Italie. Les deux ont l’air de s’y connaître un peu en mécanique, mais son ami serbe reprend la main et commence à s’affairer sous le capot et sous le tableau de bord. C’est vraiment notre jour de chance, il est électricien ! Encore quelques essais, il réfléchie, se gratte la tête, teste tous les fils et le problème (un mauvais contact entre 2 fils) est résolu.
Nous le remercions vivement, lui offrons la dernière bouteille de vin qu’il nous reste et reprenons la route vers Belgrade. Quel plaisir d’entendre à nouveau le tic-tac du clignotant !

Avec nos amis dépanneurs serbes

Avec nos amis dépanneurs serbes

Пердус београдском (= Perdus à Belgrade)

Le dernier morceau de la route n’est pas parmi le plus beau qu’on ait fait : on est sur une nationale avec beaucoup de circulation et il pleut. Il fait encore jour lorsque nous approchons Belgrade et nous sommes contents d’avoir un peu de temps pour visiter la ville en soirée. Dommage car nous mettrons encore deux heures pour nous repérer dans la ville et trouver l’appartement !
En effet, pour éviter de tourner en rond à Belgrade (ce que nous allons quand même faire !), nous avions réservé un appartement (moins cher qu’une chambre d’hôtel) sur booking.com. Une fois arrivés au centre ville, mes capacités d’orientation touchent à leurs limites, car les noms des rues ne sont qu’en cyrillique ! Nous retrouvons quand même la direction vers la rue indiquée sur internet, sauf que la rue est en fait une place, nous ne sommes pas du bon côté et avec tous les sens uniques, il faut refaire un grand tour pour y arriver. Heureusement, puisque par chance nous trouvons la résidence où l’on avait loué l’appartement dans une rue parallèle et sans lien apparent avec l’adresse indiquée sur internet. Et c’est bien là, sauf que notre appartement est encore à une adresse différente, et le parking annoncé encore plus loin. Cette affaire n’est pas très nette mais il est 21h passées, on est fatigués et on a envie de se poser, ce que nous faisons finalement après plusieurs trajets dans le labyrinthe de ruelles à sens unique.
Nous finissons la journée dans le vieux centre de la ville, qui résonne de violons et d’orchestres. En effet, tous les restaurants traditionnels serbes proposent des animations musicales, qui font le bonheur des touristes, mais aussi des locaux car ils peuvent choisir les morceaux qu’ils chantent tous en cœur. N’étant pas très connaisseurs dans le répertoire traditionnel serbe, nous choisissons un restaurant qui a l’air plus calme, mais avons quand même droit à notre petit concert de chants traditionnels.
Comme partout dans les Balkans, les plats sont légers : un mètre de saucisse pour Jacques, un filet mignon entier pour moi (aucune exagération !).

Dommage que les chants ne s’enchaînent pas avec des danses pour éliminer un peu tout cela !

Quelques photos :

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