2cv Constanta

Jours #18, 19 et 20 : fin du voyage :(

Arrivée à Bucarest

Aujourd’hui commence notre dernière étape : près de 400 km pour arriver à Constanta où sont attendues les asperges. Nous partons tôt de Brasov et emmenons tous les gâteaux que nous n’avons pas pu finir sur place. En effet, la route est longue et on aura besoin de forces ! Nous roulons sur la nationale et descendons tranquillement vers la plaine de Bucarest. Premier arrêt pour une pause café à Ploiesti, chez la grand-mère d’une amie. Nous avons l’adresse exacte mais parfois en Roumanie cela ne suffit pas : la rue est longue, tourne et les immeubles ne suivent aucune numérotation logique. Google Maps a ses limites et c’est uniquement l’intervention d’un voisin qui nous permet de trouver la grand-mère d’Anca. Nous ajoutons un autre gâteau à notre collection et continuons notre route vers Bucarest. Nous mettons autant de temps à faire les 60 km qui nous séparent de l’entrée dans la ville qu’à arriver en centre ville, où nous avons rendez-vous avec une amie. C’est déjà l’heure du déjeuner mais nous avançons lentement dans les bouchons. Nous sommes encouragés par des employés qui font une pause sur la terrasse d’un immeuble de bureaux. Ils rameutent tous leurs collègues sur la terrasse pour venir voir la « petite grenouille » (surnom de la 2cv et de la Coccinelle en roumain) et nous disent coucou. Nous arrivons enfin en centre ville, nous garons dans un parking avec des tarifs dignes de Monaco et retrouvons notre amie pour un court moment.

Le Palais du parlement

Prochaine étape : visite guidée du Palais du parlement. Nous y retrouvons une ambiance touristique, avec tous les groupes qui attendent leurs guides (il n’y a pas de visite libre). Nous sommes un peu perdus dans les formalités à accomplir pour s’inscrire, régler, déposer son passeport, passer le portique de sécurité et trouver le bon groupe. Nous démarrons la visite et restons bouche bée à la vue de toutes ces salles de réception richement décorées, voire beaucoup trop, et pas toujours avec bon goût. Certaines font la taille d’un terrain de foot et dépassent 16 mètres de haut !
Le Palais du parlement (ou Maison du Peuple) a été construite par N. Ceausescu qui était jaloux par rapport aux palaces gigantesques qu’il avait visité chez ses amis dictateurs en Chine et en Corée du Nord. Pour disposer de l’emplacement idéal au centre de la ville, 500 hectares d’un quartier historique ont été rasés : hôpitaux, écoles, théâtres, belles maisons… les habitants ont été forcés d’emménager dans les grandes barres d’immeubles construites pour l’occasion en périphérie de la ville. Construit par 600 architectes et 20 000 ouvriers, c’est le deuxième plus grand bâtiment du monde après le Pentagone. Ceausescu a suivi de près les travaux et passait sur le chantier tous les samedis pour surveiller l’avancement de son palais. Il mettait les architectes en compétition et sous pression, chacun devant proposer les solutions les plus grandioses possibles. Il a par exemple fait refaire trois fois un escalier monumental en marbre qui ne correspondait pas à ses goûts. Cependant, il n’aura pas le temps de profiter de sa folie qui était terminée à 80% au moment de sa chute en 1989. Au final, il n’y aura même pas dormi une nuit. Raluca n’éprouve aucun plaisir à visiter ce bâtiment car elle n’y voit aucune prouesse esthétique, mais juste le résultat d’une mégalomanie hors de contrôle, qui a asséché le pays pour financer ces travaux pharaoniques. Mais le bâtiment demeure bel et bien et il serait beaucoup plus cher de le démolir que d’essayer d’exploiter ses volumes. C’est donc le siège du Parlement, d’un musée, et il accueille de nombreuses conférences et des événements d’entreprises. Des mariages y sont même organisés, en toute simplicité ! Pour avoir un aperçu de l’intérieur du Palais du parlement, regardez cette vidéo (en anglais).
Nous finissons la visite un peu déçus par notre guide, qui manque de plaisir à raconter l’histoire et les anecdotes du lieu. Il se limite à réciter des hauteurs de plafonds, des poids de tapis ou des tonnes de marbre utilisés.
En sortant de la Maison du peuple, on prend quelques photos souvenirs avec la deuche sur le parking situé juste en face. On fait la connaissance d’un motard roumain très sympa qui vient de faire la route depuis l’Angleterre où il habite. Il s’intéresse à notre parcours et on l’invite à nous appeler quand il passera à Paris sur sa route du retour dans quelques jours.

Les asperges arrivent à Constanta !

On a du mal à réaliser que la fin du voyage est toute proche. Il nous reste seulement 200 kilomètres d’autoroute pour arriver à Constanta. Il pleut et on n’est pas pressés d’arriver. C’est une drôle de sensation d’approcher du but et de se dire qu’on aurait bien aimé continuer la route quelques jours de plus, pour aller un peu plus loin.

On est accueillis par Marius (le père de Raluca) qui fait le pied de grue devant l’immeuble pour nous garder une place de parking. Et ensuite, comme toujours en Roumanie, on mange ! La mère de Raluca a encore préparé plein de plats et de gâteaux. Elle a d’ailleurs récemment investi dans un deuxième frigo pour stocker toute la nourriture quand on vient 😉
Le lendemain, on prend la pause devant un bateau à l’entrée de la ville pour vous prouver que les asperges sont bien arrivées à destination. Le pari est gagné !

2cv Constanta

Les asperges sont bien arrivées à Constanta

On retire les stickers de la deuche et on lui refait une beauté à grands coups d’éponge, elle en a bien besoin après 4 850 km de route. Après quelques péripéties, on trouve un garage à louer pour la remiser le temps de trouver une solution pour la ramener en France. Le garage est à 15 min en voiture de chez les parents de Raluca. La deuche est au sec et en sécurité pour un repos bien mérité. Marius veillera sur elle et la fera démarrer de temps en temps.

Quelques photos :

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Sibiu : vue sur la place centrale

Jours #16 et 17 : en Transylvanie, à Sibiu et à Brasov

La route de Deva à Sibiu

L’entrée en Roumanie était comme une première arrivée à destination, même s’il nous restait près de 1 000 km à parcourir. L’effet a dû être renforcé par la traversée du dernier pays, la Serbie, où en plus de la barrière de la langue on avait aussi la barrière de l’alphabet et du coup l’on ne comprenait vraiment rien ! Que du bonheur que de pouvoir lire correctement toutes les indications ou de pouvoir tenir une conversation qui ne se limite pas à 3 mots !
Le matin à Deva nous avons l’embarras du choix pour le parcours de la journée : soit on visite la citadelle de la ville perchée sur un petit cône volcanique, soit on fait un détour sur une route alpine qui monte à 2 000 m, soit on visite une autre très jolie ville sur la route vers Brasov, Sibiu. Au bout de 2 semaines de voyage, nous avons appris que l’on ne peut pas tout visiter et en plus faire de la route car la deuche ne se contente pas d’être un simple moyen de transport d’un point A à un point B, mais une manière de passer nos vacances. Nous passons donc une autre journée en sa compagnie en roulant vers Brasov (au centre de la Roumanie) et lui offrons quelques heures de pause pendant que nous visitons la jolie cité médiévale de Sibiu.
Jacques me confie les rênes de la deuche sur un morceau d’autoroute. Mais l’argent réglé hier pour la vignette n’aura pas suffi à finaliser la portion d’autoroute jusqu’à Sibiu et après une cinquantaine de kilomètres nous nous retrouvons redirigés sans un mot à dire sur la nationale. Nous retrouvons les camions, les ronds points et les chauffeurs de rallye. Jacques commence à transpirer et à regretter que la voiture ne soit pas dotée de commandes côté passager, comme pour les autos écoles. Pour l’épargner, je lui cède le volant et reprends mes missions de GPS que je maîtrise beaucoup mieux que lui. Chacun sa spécialité !

Visite de Sibiu

Sibiu est une charmante ville au cœur de la Transylvanie. Ancienne capitale européenne de la culture, elle accueille aujourd’hui dans ses ruelles et petites places de nombreux festivals et autres manifestations.
Nous n’avons droit qu’au spectacle de la rue au moment de notre visite, mais cela suffit : la ville est très animée, on est à midi en semaine mais on a l’impression que tout le monde est dehors, soit pour un café ou une bière en terrasse, soit en famille sur une des nombreuses places de la ville, soit tout simplement arpentant les ruelles du vieux centre une viennoiserie à la main. Ici toutes les vieilles maisons ont des yeux : les lucarnes des toits ont la forme d’amandes et lorsqu’on se balade dans le centre historique on a parfois l’impression que tous les yeux de la ville sont rivés sur nous. Nous arpentons à notre tour, une viennoiserie à la main, les vieilles ruelles pavées et colorées, admirons au passage de belles demeures restaurées ou encore en ruines et des bâtiments au style austro-hongrois (Sibiu était le siège des gouverneurs autrichiens pendant la domination des Habsbourg en Transylvanie). Nous montons dans une vieille tour de l’horloge pour avoir un panorama de la ville. Nous échappons de justesse aux averses et continuons la route vers Brasov.

Sibiu : vue sur la place centrale

Sibiu : vue sur la place centrale

La route vers Brasov et court séjour à Brasov

Pour rendre le trajet plus pittoresque, nous décidons de nous éloigner de la nationale et de prendre des petites routes de campagne. Nous n’avons pas tort, il n’y a pas de trafic et pour cause : ces routes sont pleines de trous. Heureusement le paysage est joli et nous pouvons bien en profiter à 15km/h. Décidemment, la vignette n’est pas assez chère pour financer tous les travaux. On traverse de tous petits villages et on s’arrête dans un café pour faire une pause. Nous sommes étonnés d’avoir une super connexion wifi dans ce coin perdu en pleine campagne roumaine.
Nous arrivons en début de soirée chez ma marraine à Brasov et le festin commence: deux entrées, un super plat et trois desserts, histoire d’avoir une bonne raison de reprendre la course à pied une fois de retour à Paris.
Nous passons le lendemain à Brasov. Il ne fait pas beau, mais nous nous abritons dans un des plus vieux cafés de la ville pour essayer de rattraper un peu le retard des carnets de voyage. Un petit tour rapide entre les gouttes de pluie dans la ville et puis nous finissons la journée à la campagne près de Brasov, autour d’un super barbecue avec mes cousins. Ils cherchent des idées de plantation pour leurs terres et on fait la promo des asperges. Il nous manquait quelques griffes dans la glacière car il y a un super potentiel en Roumanie. On n’en produit pas ici, ça deviendra sûrement à la mode en tant que légume fin et les seules bottes sur le marché viennent du Pérou.

Quelques photos :

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Passage de la 2cv en Roumanie

Jour #15 : visite de Belgrade et entrée en Roumanie

La forteresse de Belgrade

On se réveille dans l’appartement à Belgrade et Raluca profite de la connexion Wifi pour mettre en ligne un carnet de voyage. On a pris du retard sur le récit du voyage car l’écriture des articles nous prend pas mal de temps. En plus d’écrire les articles, il faut trier les photos, les charger sur le blog, mettre les légendes, tout relire et publier. Nous relayons ensuite les articles sur notre page Facebook 2cv verte qui grossit gentiment avec près de 180 personnes qui nous suivent assidûment. Nous commençons à être rôdés, mais cela nous prend à minima 1h30 pour chaque article, à condition d’avoir des batteries chargées et une bonne connexion internet, ce qui n’est pas toujours évident. Bien que la tenue du blog nous prenne du temps et de l’énergie, cela structure notre voyage en nous forçant à nous documenter un peu, à noter notre parcours, des idées et prendre de belles photos. On se dit aussi que cela nous fera de bons souvenirs quand nous relirons dans quelques mois ces carnets de voyage.
Pour préparer ce voyage, on a recherché pas mal d’informations sur internet et les blogs de voyageurs sont une mine de conseils utiles. La tenue du blog nous permet à notre tour de partager notre voyage et nous espérons que cela aidera d’autres personnes dans le futur. En plus, on adore avoir des retours des lecteurs (messages, commentaires, partages et mentions « j’aime » sur Facebook). Parfois on reçoit des messages de parfaits inconnus et cela nous stimule vraiment de savoir que des gens s’intéressent à notre voyage. On écrit un jour chacun et cela devient une sorte de compétition entre nous pour voir quels articles génèrent le plus de visites et de retours.

Bref, revenons à Belgrade. Nous avons quelques heures pour faire un tour dans la ville et le serbe chez qui nous avions dormi à Rose au Monténégro nous a conseillé de nous balader dans la forteresse qui surplombe la ville. Nous sommes à 15 minutes à pied du parc Kalemegdan où est située cette citadelle forteresse. Depuis là, nous avons une belle vue sur le confluent du Danube et de la Save ainsi qu’un beau panorama sur la ville de Belgrade. La forteresse a été détruite plus de 40 fois au cours des siècles, son aspect a donc été largement modifié au cours du temps. Restent aujourd’hui des murs d’enceinte et des tours de défense en pierres blanches et briques roses. Pour les fans de pièces d’artillerie, la citadelle abrite un musée de l’armée avec tout un tas de modèles de canons et des tanks. Curieusement des terrains de tennis en terre battue on été implantés dans les douves, ainsi que des terrains de basket. On se demande au passage si c’est ici que s’entrainait Novak Djokovic (originaire de Belgrade mais qui réside maintenant à Monaco) quand il était jeune ?
Après la citadelle, on redescend dans le centre ville pour parcourir rapidement les grandes rues piétonnières.
La veille l’entrée dans Belgrade a été assez difficile, c’est aussi le cas pour en sortir car nous avons du mal à nous repérer. Il y a très peu de panneaux routiers avec des directions et tout est en cyrillique. On finit quand même par trouver la bonne sortie et nous roulons vers la Roumanie.

Gros succès pour la deuche à la frontière roumaine

Le passage de la frontière à Moravita est assez marrant côté roumain. Nous devons payer une vignette « pour l’entretien des routes ». Vu l’état de certaines routes en Roumanie, on se dit que ce n’est pas un luxe et on espère que l’argent récolté sert effectivement à financer des travaux. Raluca va régler cette vignette (quelques €) dans un petit bâtiment à l’écart de la route entre les deux postes frontières. J’attends seul un long moment dans la voiture, et je vois des gens sortir un par un du bureau pour venir voir la deuche de plus près. En fait, après le chef, tous les employés intrigués ont quitté leur guichet pour venir jeter un œil amusé à la 2cv, tandis que la queue s’allonge devant les caisses. La vignette réglée, on se présente devant le poste des douaniers roumains. Le même cinéma recommence : après avoir contrôlé la carte grise, la carte verte et nos passeports, ils sortent tous de leur guérite et me demandent d’arrêter le moteur. Le chef veut que j’ouvre le capot pour vérifier le numéro du châssis. En fait il est simplement curieux et souhaite voir le moteur. Ils sont 4 ou 5 autour de la voiture et la discussion commence (avec Raluca qui traduit en roumain c’est assez simple) pour comprendre notre voyage, l’âge de la voiture, sa puissance, sa consommation… Au bout de 10 minutes, le chef me demande le prix de la deuche et veut me l’échanger contre son Audi A4 😉

Passage de la 2cv en Roumanie

On entre en Roumanie

On repart et on roule jusqu’à Deva (petite ville en Transylvanie et siège de l’école de gymnastique roumaine), à 200 km de la frontière. On retrouve des paysages plus familiers (Raluca est originaire de Roumanie et je suis déjà venu ici 4 ou 5 fois). On traverse des villages où beaucoup de monde fait un petit signe amical à notre passage. Arrivés à Deva vers 20h, on cherche un hôtel. On se renseigne dans le premier trouvé à l’entrée de la ville. Les chambres ne sont pas données et l’architecture communiste de l’hôtel ne nous fait pas rêver. Raluca remarque que le réseau Wifi de l’hôtel n’est pas bloqué par un mot de passe. Du coup, on se pose sur les marches de l’entrée pour se connecter su Booking.com où on trouve une pension qui propose des chambres à moitié prix à 2 km du centre ville. On réserve en ligne et on est gentiment accueillis par un jeune couple qui vient d’ouvrir cette petite pension avec 5 chambres rénovées, propres et calmes. C’est parfait et en plus, on peut garer la voiture dans la cour. On vous donne cette bonne adresse en bas de l’article.
On dîne dans un restaurant conseillé par le propriétaire de la pension où on mange un ciorba de fasole (soupe aux haricots) et une supa de sparanghel (soupe d’asperges). On ne vous donne pas l’adresse du restaurant car il n’avait rien d’extraordinaire…

Quelques photos :

Si jamais vous passez un jour dans le coin, une bonne adresse :

  • Vila Sarada
    Strada Horia, nr. 204, 330041 Deva
    Tél : + 40 724 862 820
    www.vila-sarada.ro
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