Bilan du voyage

4 semaines après le retour, nous avons déjà envie de repartir ! A défaut de pouvoir le faire en vrai, voici un « bilan à froid » de notre super voyage en 2 CV :

Quelques chiffres

  • 8 pays traversés (France, Monaco, Italie, Slovénie, Croatie, Bosnie, Monténégro, Serbie, Roumanie)
  • 4 850 kilomètres parcourus
  • 1 kg d’asperges vertes livré à Constanta
  • 281 litres d’essence consommés (SP 95 et 98 selon ce que l’on trouvait + additif)
  • 430 € dépensés pour l’essence (le plus cher en Italie 1,80€/litre, le moins cher en Serbie 1,20€/litre)
  • 5,8 litres / 100 km  consommés en moyenne par la deuche
  • 0 panne sérieuse 😉
  • 1 053 photos (on a sélectionné les meilleures pour vous sur le blog)
  • 1 400 € de budget pour le voyage (430 € d’essence + environ 1 000 € pour tout le reste)
  • 1 article dans la Dépêche du Midi !
Voyage 2 CV

Des images qui feront de bons souvenirs…

Et si c’était à refaire ?

Alors oui, on repartirait sans hésitation ! Nous avons fait de belles rencontres et sommes revenus avec des images plein la tête.
Ces 3 semaines ont représenté une vraie coupure, si bien qu’au retour, je ne me souvenais même plus du code pour rentrer dans l’immeuble à Paris ! Nous étions occupés tous les jours à prévoir l’itinéraire, à chercher quoi visiter, où manger, où dormir… Au final ce n’était pas très reposant car vu la distance à parcourir, nous étions obligés de rouler presque tous les jours. Nous n’avons pas fait de grasse matinée, ni de farniente à la plage. Notre seul regret est de ne pas avoir eu assez de temps pour nous arrêter un peu et profiter des coins magnifiques où nous sommes passés. Nous avons traversé l’Italie d’un trait et mis à part quelques heures à visiter Padova et Trieste nous n’avons pas vu grand chose. On aurait aussi aimé passer plus de temps sur la côte en Croatie et à la montagne au Monténégro. Pour cela, il nous aurait fallu à minima une semaine de plus. Difficile quand on travaille de prendre un mois de vacances… Bref c’était des vacances intenses !

Toujours en deuche ?

Oui sans hésitation aussi. La deuche a super bien marché et nous a permis de faire des rencontres étonnantes. En France et en Italie, les gens ont l’habitude de voir des 2 CV et n’étaient pas vraiment surpris d’en croiser une. Par contre, dès qu’on est entrés en Croatie, plus on avançait vers l’Est et plus les gens étaient intrigués par la voiture. Cette voiture attire vraiment la sympathie. Les autocollants avec notre parcours collés sur les portières étaient aussi bien utiles. Les gens comprenaient tout de suite d’où on venait et où on allait.
En plus, la deuche passe partout. Nous avons pris des pistes et des mauvais chemins où nous n’aurions pas pu passer avec une « voiture normale ».
Alors certes, elle n’est pas très rapide, elle fait un bruit d’enfer, elle vibre, elle peine dans les montées et elle n’a pas la clim. Par contre, elle est fiable, simple à réparer, confortable et économique. Pour voyager sans se presser et découvrir les paysages, c’est la voiture idéale !
Si vous avez du temps et un petit budget, partez comme nous l’avons fait. Prenez votre passeport, une carte et en voiture !

Des volontaires pour faire le retour ?

La deuche est restée en Roumanie. Nous ne savons pas encore comment nous allons la ramener en France. Mon papa aimerait bien faire le voyage, mais ma maman n’est trop motivée… Si cela vous dit de faire le trajet retour (Constanta > Toulouse), dites le nous on pourra peut être s’arranger 😉

Partagez cet article avec vos amisShare on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone
2cv Constanta

Jours #18, 19 et 20 : fin du voyage :(

Arrivée à Bucarest

Aujourd’hui commence notre dernière étape : près de 400 km pour arriver à Constanta où sont attendues les asperges. Nous partons tôt de Brasov et emmenons tous les gâteaux que nous n’avons pas pu finir sur place. En effet, la route est longue et on aura besoin de forces ! Nous roulons sur la nationale et descendons tranquillement vers la plaine de Bucarest. Premier arrêt pour une pause café à Ploiesti, chez la grand-mère d’une amie. Nous avons l’adresse exacte mais parfois en Roumanie cela ne suffit pas : la rue est longue, tourne et les immeubles ne suivent aucune numérotation logique. Google Maps a ses limites et c’est uniquement l’intervention d’un voisin qui nous permet de trouver la grand-mère d’Anca. Nous ajoutons un autre gâteau à notre collection et continuons notre route vers Bucarest. Nous mettons autant de temps à faire les 60 km qui nous séparent de l’entrée dans la ville qu’à arriver en centre ville, où nous avons rendez-vous avec une amie. C’est déjà l’heure du déjeuner mais nous avançons lentement dans les bouchons. Nous sommes encouragés par des employés qui font une pause sur la terrasse d’un immeuble de bureaux. Ils rameutent tous leurs collègues sur la terrasse pour venir voir la « petite grenouille » (surnom de la 2cv et de la Coccinelle en roumain) et nous disent coucou. Nous arrivons enfin en centre ville, nous garons dans un parking avec des tarifs dignes de Monaco et retrouvons notre amie pour un court moment.

Le Palais du parlement

Prochaine étape : visite guidée du Palais du parlement. Nous y retrouvons une ambiance touristique, avec tous les groupes qui attendent leurs guides (il n’y a pas de visite libre). Nous sommes un peu perdus dans les formalités à accomplir pour s’inscrire, régler, déposer son passeport, passer le portique de sécurité et trouver le bon groupe. Nous démarrons la visite et restons bouche bée à la vue de toutes ces salles de réception richement décorées, voire beaucoup trop, et pas toujours avec bon goût. Certaines font la taille d’un terrain de foot et dépassent 16 mètres de haut !
Le Palais du parlement (ou Maison du Peuple) a été construite par N. Ceausescu qui était jaloux par rapport aux palaces gigantesques qu’il avait visité chez ses amis dictateurs en Chine et en Corée du Nord. Pour disposer de l’emplacement idéal au centre de la ville, 500 hectares d’un quartier historique ont été rasés : hôpitaux, écoles, théâtres, belles maisons… les habitants ont été forcés d’emménager dans les grandes barres d’immeubles construites pour l’occasion en périphérie de la ville. Construit par 600 architectes et 20 000 ouvriers, c’est le deuxième plus grand bâtiment du monde après le Pentagone. Ceausescu a suivi de près les travaux et passait sur le chantier tous les samedis pour surveiller l’avancement de son palais. Il mettait les architectes en compétition et sous pression, chacun devant proposer les solutions les plus grandioses possibles. Il a par exemple fait refaire trois fois un escalier monumental en marbre qui ne correspondait pas à ses goûts. Cependant, il n’aura pas le temps de profiter de sa folie qui était terminée à 80% au moment de sa chute en 1989. Au final, il n’y aura même pas dormi une nuit. Raluca n’éprouve aucun plaisir à visiter ce bâtiment car elle n’y voit aucune prouesse esthétique, mais juste le résultat d’une mégalomanie hors de contrôle, qui a asséché le pays pour financer ces travaux pharaoniques. Mais le bâtiment demeure bel et bien et il serait beaucoup plus cher de le démolir que d’essayer d’exploiter ses volumes. C’est donc le siège du Parlement, d’un musée, et il accueille de nombreuses conférences et des événements d’entreprises. Des mariages y sont même organisés, en toute simplicité ! Pour avoir un aperçu de l’intérieur du Palais du parlement, regardez cette vidéo (en anglais).
Nous finissons la visite un peu déçus par notre guide, qui manque de plaisir à raconter l’histoire et les anecdotes du lieu. Il se limite à réciter des hauteurs de plafonds, des poids de tapis ou des tonnes de marbre utilisés.
En sortant de la Maison du peuple, on prend quelques photos souvenirs avec la deuche sur le parking situé juste en face. On fait la connaissance d’un motard roumain très sympa qui vient de faire la route depuis l’Angleterre où il habite. Il s’intéresse à notre parcours et on l’invite à nous appeler quand il passera à Paris sur sa route du retour dans quelques jours.

Les asperges arrivent à Constanta !

On a du mal à réaliser que la fin du voyage est toute proche. Il nous reste seulement 200 kilomètres d’autoroute pour arriver à Constanta. Il pleut et on n’est pas pressés d’arriver. C’est une drôle de sensation d’approcher du but et de se dire qu’on aurait bien aimé continuer la route quelques jours de plus, pour aller un peu plus loin.

On est accueillis par Marius (le père de Raluca) qui fait le pied de grue devant l’immeuble pour nous garder une place de parking. Et ensuite, comme toujours en Roumanie, on mange ! La mère de Raluca a encore préparé plein de plats et de gâteaux. Elle a d’ailleurs récemment investi dans un deuxième frigo pour stocker toute la nourriture quand on vient 😉
Le lendemain, on prend la pause devant un bateau à l’entrée de la ville pour vous prouver que les asperges sont bien arrivées à destination. Le pari est gagné !

2cv Constanta

Les asperges sont bien arrivées à Constanta

On retire les stickers de la deuche et on lui refait une beauté à grands coups d’éponge, elle en a bien besoin après 4 850 km de route. Après quelques péripéties, on trouve un garage à louer pour la remiser le temps de trouver une solution pour la ramener en France. Le garage est à 15 min en voiture de chez les parents de Raluca. La deuche est au sec et en sécurité pour un repos bien mérité. Marius veillera sur elle et la fera démarrer de temps en temps.

Quelques photos :

Partagez cet article avec vos amisShare on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone
Sibiu : vue sur la place centrale

Jours #16 et 17 : en Transylvanie, à Sibiu et à Brasov

La route de Deva à Sibiu

L’entrée en Roumanie était comme une première arrivée à destination, même s’il nous restait près de 1 000 km à parcourir. L’effet a dû être renforcé par la traversée du dernier pays, la Serbie, où en plus de la barrière de la langue on avait aussi la barrière de l’alphabet et du coup l’on ne comprenait vraiment rien ! Que du bonheur que de pouvoir lire correctement toutes les indications ou de pouvoir tenir une conversation qui ne se limite pas à 3 mots !
Le matin à Deva nous avons l’embarras du choix pour le parcours de la journée : soit on visite la citadelle de la ville perchée sur un petit cône volcanique, soit on fait un détour sur une route alpine qui monte à 2 000 m, soit on visite une autre très jolie ville sur la route vers Brasov, Sibiu. Au bout de 2 semaines de voyage, nous avons appris que l’on ne peut pas tout visiter et en plus faire de la route car la deuche ne se contente pas d’être un simple moyen de transport d’un point A à un point B, mais une manière de passer nos vacances. Nous passons donc une autre journée en sa compagnie en roulant vers Brasov (au centre de la Roumanie) et lui offrons quelques heures de pause pendant que nous visitons la jolie cité médiévale de Sibiu.
Jacques me confie les rênes de la deuche sur un morceau d’autoroute. Mais l’argent réglé hier pour la vignette n’aura pas suffi à finaliser la portion d’autoroute jusqu’à Sibiu et après une cinquantaine de kilomètres nous nous retrouvons redirigés sans un mot à dire sur la nationale. Nous retrouvons les camions, les ronds points et les chauffeurs de rallye. Jacques commence à transpirer et à regretter que la voiture ne soit pas dotée de commandes côté passager, comme pour les autos écoles. Pour l’épargner, je lui cède le volant et reprends mes missions de GPS que je maîtrise beaucoup mieux que lui. Chacun sa spécialité !

Visite de Sibiu

Sibiu est une charmante ville au cœur de la Transylvanie. Ancienne capitale européenne de la culture, elle accueille aujourd’hui dans ses ruelles et petites places de nombreux festivals et autres manifestations.
Nous n’avons droit qu’au spectacle de la rue au moment de notre visite, mais cela suffit : la ville est très animée, on est à midi en semaine mais on a l’impression que tout le monde est dehors, soit pour un café ou une bière en terrasse, soit en famille sur une des nombreuses places de la ville, soit tout simplement arpentant les ruelles du vieux centre une viennoiserie à la main. Ici toutes les vieilles maisons ont des yeux : les lucarnes des toits ont la forme d’amandes et lorsqu’on se balade dans le centre historique on a parfois l’impression que tous les yeux de la ville sont rivés sur nous. Nous arpentons à notre tour, une viennoiserie à la main, les vieilles ruelles pavées et colorées, admirons au passage de belles demeures restaurées ou encore en ruines et des bâtiments au style austro-hongrois (Sibiu était le siège des gouverneurs autrichiens pendant la domination des Habsbourg en Transylvanie). Nous montons dans une vieille tour de l’horloge pour avoir un panorama de la ville. Nous échappons de justesse aux averses et continuons la route vers Brasov.

Sibiu : vue sur la place centrale

Sibiu : vue sur la place centrale

La route vers Brasov et court séjour à Brasov

Pour rendre le trajet plus pittoresque, nous décidons de nous éloigner de la nationale et de prendre des petites routes de campagne. Nous n’avons pas tort, il n’y a pas de trafic et pour cause : ces routes sont pleines de trous. Heureusement le paysage est joli et nous pouvons bien en profiter à 15km/h. Décidemment, la vignette n’est pas assez chère pour financer tous les travaux. On traverse de tous petits villages et on s’arrête dans un café pour faire une pause. Nous sommes étonnés d’avoir une super connexion wifi dans ce coin perdu en pleine campagne roumaine.
Nous arrivons en début de soirée chez ma marraine à Brasov et le festin commence: deux entrées, un super plat et trois desserts, histoire d’avoir une bonne raison de reprendre la course à pied une fois de retour à Paris.
Nous passons le lendemain à Brasov. Il ne fait pas beau, mais nous nous abritons dans un des plus vieux cafés de la ville pour essayer de rattraper un peu le retard des carnets de voyage. Un petit tour rapide entre les gouttes de pluie dans la ville et puis nous finissons la journée à la campagne près de Brasov, autour d’un super barbecue avec mes cousins. Ils cherchent des idées de plantation pour leurs terres et on fait la promo des asperges. Il nous manquait quelques griffes dans la glacière car il y a un super potentiel en Roumanie. On n’en produit pas ici, ça deviendra sûrement à la mode en tant que légume fin et les seules bottes sur le marché viennent du Pérou.

Quelques photos :

Partagez cet article avec vos amisShare on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone