Sibiu : vue sur la place centrale

Jours #16 et 17 : en Transylvanie, à Sibiu et à Brasov

La route de Deva à Sibiu

L’entrée en Roumanie était comme une première arrivée à destination, même s’il nous restait près de 1 000 km à parcourir. L’effet a dû être renforcé par la traversée du dernier pays, la Serbie, où en plus de la barrière de la langue on avait aussi la barrière de l’alphabet et du coup l’on ne comprenait vraiment rien ! Que du bonheur que de pouvoir lire correctement toutes les indications ou de pouvoir tenir une conversation qui ne se limite pas à 3 mots !
Le matin à Deva nous avons l’embarras du choix pour le parcours de la journée : soit on visite la citadelle de la ville perchée sur un petit cône volcanique, soit on fait un détour sur une route alpine qui monte à 2 000 m, soit on visite une autre très jolie ville sur la route vers Brasov, Sibiu. Au bout de 2 semaines de voyage, nous avons appris que l’on ne peut pas tout visiter et en plus faire de la route car la deuche ne se contente pas d’être un simple moyen de transport d’un point A à un point B, mais une manière de passer nos vacances. Nous passons donc une autre journée en sa compagnie en roulant vers Brasov (au centre de la Roumanie) et lui offrons quelques heures de pause pendant que nous visitons la jolie cité médiévale de Sibiu.
Jacques me confie les rênes de la deuche sur un morceau d’autoroute. Mais l’argent réglé hier pour la vignette n’aura pas suffi à finaliser la portion d’autoroute jusqu’à Sibiu et après une cinquantaine de kilomètres nous nous retrouvons redirigés sans un mot à dire sur la nationale. Nous retrouvons les camions, les ronds points et les chauffeurs de rallye. Jacques commence à transpirer et à regretter que la voiture ne soit pas dotée de commandes côté passager, comme pour les autos écoles. Pour l’épargner, je lui cède le volant et reprends mes missions de GPS que je maîtrise beaucoup mieux que lui. Chacun sa spécialité !

Visite de Sibiu

Sibiu est une charmante ville au cœur de la Transylvanie. Ancienne capitale européenne de la culture, elle accueille aujourd’hui dans ses ruelles et petites places de nombreux festivals et autres manifestations.
Nous n’avons droit qu’au spectacle de la rue au moment de notre visite, mais cela suffit : la ville est très animée, on est à midi en semaine mais on a l’impression que tout le monde est dehors, soit pour un café ou une bière en terrasse, soit en famille sur une des nombreuses places de la ville, soit tout simplement arpentant les ruelles du vieux centre une viennoiserie à la main. Ici toutes les vieilles maisons ont des yeux : les lucarnes des toits ont la forme d’amandes et lorsqu’on se balade dans le centre historique on a parfois l’impression que tous les yeux de la ville sont rivés sur nous. Nous arpentons à notre tour, une viennoiserie à la main, les vieilles ruelles pavées et colorées, admirons au passage de belles demeures restaurées ou encore en ruines et des bâtiments au style austro-hongrois (Sibiu était le siège des gouverneurs autrichiens pendant la domination des Habsbourg en Transylvanie). Nous montons dans une vieille tour de l’horloge pour avoir un panorama de la ville. Nous échappons de justesse aux averses et continuons la route vers Brasov.

Sibiu : vue sur la place centrale

Sibiu : vue sur la place centrale

La route vers Brasov et court séjour à Brasov

Pour rendre le trajet plus pittoresque, nous décidons de nous éloigner de la nationale et de prendre des petites routes de campagne. Nous n’avons pas tort, il n’y a pas de trafic et pour cause : ces routes sont pleines de trous. Heureusement le paysage est joli et nous pouvons bien en profiter à 15km/h. Décidemment, la vignette n’est pas assez chère pour financer tous les travaux. On traverse de tous petits villages et on s’arrête dans un café pour faire une pause. Nous sommes étonnés d’avoir une super connexion wifi dans ce coin perdu en pleine campagne roumaine.
Nous arrivons en début de soirée chez ma marraine à Brasov et le festin commence: deux entrées, un super plat et trois desserts, histoire d’avoir une bonne raison de reprendre la course à pied une fois de retour à Paris.
Nous passons le lendemain à Brasov. Il ne fait pas beau, mais nous nous abritons dans un des plus vieux cafés de la ville pour essayer de rattraper un peu le retard des carnets de voyage. Un petit tour rapide entre les gouttes de pluie dans la ville et puis nous finissons la journée à la campagne près de Brasov, autour d’un super barbecue avec mes cousins. Ils cherchent des idées de plantation pour leurs terres et on fait la promo des asperges. Il nous manquait quelques griffes dans la glacière car il y a un super potentiel en Roumanie. On n’en produit pas ici, ça deviendra sûrement à la mode en tant que légume fin et les seules bottes sur le marché viennent du Pérou.

Quelques photos :

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Avec nos amis dépanneurs serbes

Jour #14 : entrée en Serbie, et premiers signes de fatigue de la deuche

Coup de froid au Monténégro

Nous nous réveillons dans un très joli cadre : au calme, entourés par des montagnes, des pâturages et des petites fleurs. Ils ne manquaient qu’une dizaine de degrés en plus pour que tout soit parfait.
Nous commençons à faire du bruit en rangeant nos affaires en espérant que le vieux monsieur va apparaître, d’un côté pour nous remettre les passeports gardés en caution, et de l’autre, pour nous proposer un café chaud car mes mains sont gelées après avoir fait la vaisselle de la veille sous l’eau glaciale. Il tarde un peu, mais finit par se réveiller et nous accueille dans sa petite maison. Il fait bon, ça sent le feu de bois, et mes pieds trempés par la rosée du matin apprécient beaucoup ce changement de température. La maison est coquette : tout est bien rangé, quelques fleurs dans un vase, une photo encadrée de Tito et un calendrier à son effigie témoignent sa nostalgie par rapport à l’époque communiste de Yougoslavie, l’âge de gloire de tous les pays de la région. Nous essayons d’échanger quelques phrases mais sommes à nouveau bloqués par le manque de vocabulaire des deux côtés. Nous imitons quand même assez bien les moutons pour apprendre qu’il n’en a pas.

Double coup de chance en Serbie

Nous reprenons la route vers la Serbie. Les virages s’enchaînent, les beaux paysages aussi, mais les kilomètres ont un peu du mal à avancer : après deux heures et demi de route, nous en sommes à 80 km à peine ! Après avoir passé la frontière, ma mission Tom Tom passe à un niveau de difficulté supérieur car en Serbie on écrit en cyrillique. Heureusement pour l’instant, les noms des villes sont marqués dans les deux alphabets sur les panneaux (enfin sur les rares qu’on trouve) et donc on continue d’avancer dans la bonne direction. En approchant de la Roumanie, on se rend compte que nous n’avons acheté aucun souvenir : on trouve au bord de la route un stand avec des pots en céramique, mais les finitions ne sont très bonnes. Par contre Jacques découvre un tracteur de la marque Fendt et nous passons plus de temps à l’admirer et à le prendre en photo qu’à regarder les pots.
Après un déjeuner pittoresque dans la cour d’une usine, nous repartons et l’on se rend compte dans le premier rond point que le clignotant ne marche plus. On s’arrête en bord de route à côté d’une concession auto et Jacques commence à émettre des hypothèses. On teste les fusibles (même si l’on n’a pas les mêmes en réserve) mais ce n’est pas ça. Il se met à toucher et à resserrer les câbles, mais son toucher n’est pas magique et ça ne marche toujours pas. C’est dimanche et nous sommes à une centaine de kilomètres de Belgrade, dans une petite ville de province. Je nous vois déjà passer la nuit ici, en attendant qu’un garage ouvre demain matin et en bon Tom Tom j’essaie déjà de reconfigurer le parcours en prenant en compte le retard d’un jour sur la route.
Heureusement nous avons plus de chance que cela : 2 jeunes approchent et, pour la première fois dans notre voyage, on nous demande en français si l’on a besoin d’aide. Un des jeunes était joueur de basket et a passé 3 ans dans des clubs en France. Son français est parfait et on lui fait comprendre notre problème. Maintenant il tient la concession auto à côté de laquelle nous nous étions garés et revend des voitures d’occasion achetées en France et en Italie. Les deux ont l’air de s’y connaître un peu en mécanique, mais son ami serbe reprend la main et commence à s’affairer sous le capot et sous le tableau de bord. C’est vraiment notre jour de chance, il est électricien ! Encore quelques essais, il réfléchie, se gratte la tête, teste tous les fils et le problème (un mauvais contact entre 2 fils) est résolu.
Nous le remercions vivement, lui offrons la dernière bouteille de vin qu’il nous reste et reprenons la route vers Belgrade. Quel plaisir d’entendre à nouveau le tic-tac du clignotant !

Avec nos amis dépanneurs serbes

Avec nos amis dépanneurs serbes

Пердус београдском (= Perdus à Belgrade)

Le dernier morceau de la route n’est pas parmi le plus beau qu’on ait fait : on est sur une nationale avec beaucoup de circulation et il pleut. Il fait encore jour lorsque nous approchons Belgrade et nous sommes contents d’avoir un peu de temps pour visiter la ville en soirée. Dommage car nous mettrons encore deux heures pour nous repérer dans la ville et trouver l’appartement !
En effet, pour éviter de tourner en rond à Belgrade (ce que nous allons quand même faire !), nous avions réservé un appartement (moins cher qu’une chambre d’hôtel) sur booking.com. Une fois arrivés au centre ville, mes capacités d’orientation touchent à leurs limites, car les noms des rues ne sont qu’en cyrillique ! Nous retrouvons quand même la direction vers la rue indiquée sur internet, sauf que la rue est en fait une place, nous ne sommes pas du bon côté et avec tous les sens uniques, il faut refaire un grand tour pour y arriver. Heureusement, puisque par chance nous trouvons la résidence où l’on avait loué l’appartement dans une rue parallèle et sans lien apparent avec l’adresse indiquée sur internet. Et c’est bien là, sauf que notre appartement est encore à une adresse différente, et le parking annoncé encore plus loin. Cette affaire n’est pas très nette mais il est 21h passées, on est fatigués et on a envie de se poser, ce que nous faisons finalement après plusieurs trajets dans le labyrinthe de ruelles à sens unique.
Nous finissons la journée dans le vieux centre de la ville, qui résonne de violons et d’orchestres. En effet, tous les restaurants traditionnels serbes proposent des animations musicales, qui font le bonheur des touristes, mais aussi des locaux car ils peuvent choisir les morceaux qu’ils chantent tous en cœur. N’étant pas très connaisseurs dans le répertoire traditionnel serbe, nous choisissons un restaurant qui a l’air plus calme, mais avons quand même droit à notre petit concert de chants traditionnels.
Comme partout dans les Balkans, les plats sont légers : un mètre de saucisse pour Jacques, un filet mignon entier pour moi (aucune exagération !).

Dommage que les chants ne s’enchaînent pas avec des danses pour éliminer un peu tout cela !

Quelques photos :

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Jour #12 : découverte de Kotor au Monténégro : sa baie et son village caché

La descente vers la baie de Kotor qui fait oublier les souvenirs de la veille

La journée commence très tôt pour moi : je suis réveillée dans la nuit par un chien qui est venu aboyer tout près de la tente. Je respire à peine, mon cœur bat très fort, tandis que Jacques dort paisiblement à côté. Je le réveille quand même, il a du mal à croire qu’un chien soit venu grogner si près de nous et essaie de vite me rassurer pour qu’il puisse se ré-endormir, ce qu’il fait en quelques instants. Pour moi, c’est plus difficile : je guette désormais tout bruit bizarre et j’essaie d’estimer la distance d’où on entend d’autres chiens aboyer. Quelques dizaines de minutes plus tard, je suis plus calme et j’ose enfin bouger un peu dans la tente pour regarder l’heure. Me voilà rassurée : il est déjà 4h30, le jour va bientôt se lever. Bizarrement, ce sont les bruits des premiers camions qui reprennent la route qui me rassurent et je me rendors un peu.
Bien qu’on ait réservé la meilleure place à la pompe à essence la veille en ayant campé juste à côté, nous ne sommes pas les premiers à nous servir. Nous nous réveillons et plions nos affaires en toute intimité devant les yeux des routiers qui nous regardent d’un air curieux ; ils peuvent bien dormir dans leur camion, eux !
Nous faisons enfin le plein, j’insiste pour remplir le jerrican également et nous reprenons la route pour descendre dans la baie de Kotor. Notre nuit difficile est vite oubliée par la vue qui se dévoile sous nos yeux : chaque virage nous fait découvrir une autre partie de la baie et le paysage est vraiment super : les montagnes plongent vertigineusement dans la mer claire, la rive est tellement dentelée que l’on n’aperçoit même pas la sortie de la baie, et 2 petites iles avec 2 petites églises parachèvent la vue carte postale. Nous nous arrêtons tous les 500 mètres car on trouve toujours un point de vue meilleur que le précédent, et nous prenons notre temps : la nuit était courte mais au moins cela nous laisse du temps pour profiter de la journée devant nous.
Nous descendons au niveau de la mer et enchaînons les petits villages les pieds dans l’eau, avec de belles maisons en pierre, chacun avec son église et son petit port avec quelques bateaux.

Visite de Kotor

La petite ville de Kotor étant l’emblème de la baie, nous nous y arrêtons mais nous rendons compte que nous ne sommes pas les seuls. Nous retrouvons les groupes de touristes dans les petites ruelles pavées du vieux centre et c’est encore une fois la compétition du meilleur trépied, du meilleur zoom ou de la meilleure version de l’IPad pour voir celui qui aura la meilleure photo de l’église. Ils ont tous raison car la ville est charmante : de vieilles maisons avec des murs en pierre arpentés par de nombreux chats, et beaucoup de petites places où se cache toujours un café ou un restaurant. Nous en faisons rapidement le tour, admirons les fortifications qui l’entourent et repartons vers la pointe de la baie.

La pointe de la baie de Kotor et un super village

Nous longeons la baie avec des arrêts répétés pour prendre des photos. La météo n’est pas au rendez-vous : de gros nuages descendent des montagnes et en quelques instants, la baie est complètement bouchée et il se met à pleuvoir. Nous continuons la route et visons le village placé à la pointe extérieure de la baie, sans avoir comme autres indications pour y arriver que 2 petites routes tracées sur notre carte qui manque un peu de détails à cet endroit. Nous devinons quelques panneaux et pensons être sur la bonne direction, bien que la route se transforme en piste. Nous roulons ainsi une quinzaine de kilomètres, derrière un camion qui a du mal à passer certains virages, et la route débouche enfin dans un petit port. On n’y voit pas grande chose car il pleut fort, mais on se motive pour sortir et marcher un peu. Nous longeons le quai sous la pluie et nous abritons dans le seul café ouvert. Il n’y a pas grand monde à part les serveurs et un husky qui dort paisiblement sous une table. On s’installe pour attendre que cela se calme un peu et rattraper en même temps notre retard avec les carnets de voyage.
Quelques dizaines de minutes après, le décor change complètement et c’est sous un grand soleil que nous redécouvrons Rose. Avec une dizaine de vieilles et belles maisons, toutes avec une vue imprenable sur la baie, nous avons un coup de cœur pour ce village de pêcheurs. C’est calme (les bus ne pourraient jamais faire les pistes sur lesquelles la deuche est passée) et les seuls bruits que l’on entend sont ceux du moteur d’un bateau de pêche et d’un chantier un peu plus loin.

Village de Rose

Village de Rose

Les plans de route que l’on avait pour aujourd’hui se font vite oublier : nous avions prévu d’aller jusqu’à Budva (une trentaine de km plus loin), visiter la côte et puis finir au bord d’un lac quelques dizaines de kilomètres encore plus loin. On est tellement bien sur la terrasse de ce café-restaurant que l’on commence à s’intéresser sur les possibilités d’hébergement. Les maisons d’hôte ne sont pas encore ouvertes car la pleine saison ne commence qu’au mois de juillet. Heureusement un couple de serbes s’est déjà installé dans leur maison de vacances et ils ont des chambres à louer. Nous nous y installons, on est déjà en fin d’après-midi et on finit la journée en mode farniente et c’est tellement bien ! Il n’y a même pas de connexion wifi et une amie s’inquiète car cela fait longtemps que nous n’avons rien publié sur le blog.
Nous finissons la journée un peu mieux que celle de la veille : attablés devant la mer, sur la terrasse du café – restaurant de tout à l’heure, dégustant les spécialités locales : risotto aux fruits de mer et seiches fraîches farcies au fromage et au jambon. Histoire d’oublier complètement la salade de thon en conserve servie sur le parking de la station service.

Quelques photos :

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