Jour #14 : entrée en Serbie, et premiers signes de fatigue de la deuche

Coup de froid au Monténégro

Nous nous réveillons dans un très joli cadre : au calme, entourés par des montagnes, des pâturages et des petites fleurs. Ils ne manquaient qu’une dizaine de degrés en plus pour que tout soit parfait.
Nous commençons à faire du bruit en rangeant nos affaires en espérant que le vieux monsieur va apparaître, d’un côté pour nous remettre les passeports gardés en caution, et de l’autre, pour nous proposer un café chaud car mes mains sont gelées après avoir fait la vaisselle de la veille sous l’eau glaciale. Il tarde un peu, mais finit par se réveiller et nous accueille dans sa petite maison. Il fait bon, ça sent le feu de bois, et mes pieds trempés par la rosée du matin apprécient beaucoup ce changement de température. La maison est coquette : tout est bien rangé, quelques fleurs dans un vase, une photo encadrée de Tito et un calendrier à son effigie témoignent sa nostalgie par rapport à l’époque communiste de Yougoslavie, l’âge de gloire de tous les pays de la région. Nous essayons d’échanger quelques phrases mais sommes à nouveau bloqués par le manque de vocabulaire des deux côtés. Nous imitons quand même assez bien les moutons pour apprendre qu’il n’en a pas.

Double coup de chance en Serbie

Nous reprenons la route vers la Serbie. Les virages s’enchaînent, les beaux paysages aussi, mais les kilomètres ont un peu du mal à avancer : après deux heures et demi de route, nous en sommes à 80 km à peine ! Après avoir passé la frontière, ma mission Tom Tom passe à un niveau de difficulté supérieur car en Serbie on écrit en cyrillique. Heureusement pour l’instant, les noms des villes sont marqués dans les deux alphabets sur les panneaux (enfin sur les rares qu’on trouve) et donc on continue d’avancer dans la bonne direction. En approchant de la Roumanie, on se rend compte que nous n’avons acheté aucun souvenir : on trouve au bord de la route un stand avec des pots en céramique, mais les finitions ne sont très bonnes. Par contre Jacques découvre un tracteur de la marque Fendt et nous passons plus de temps à l’admirer et à le prendre en photo qu’à regarder les pots.
Après un déjeuner pittoresque dans la cour d’une usine, nous repartons et l’on se rend compte dans le premier rond point que le clignotant ne marche plus. On s’arrête en bord de route à côté d’une concession auto et Jacques commence à émettre des hypothèses. On teste les fusibles (même si l’on n’a pas les mêmes en réserve) mais ce n’est pas ça. Il se met à toucher et à resserrer les câbles, mais son toucher n’est pas magique et ça ne marche toujours pas. C’est dimanche et nous sommes à une centaine de kilomètres de Belgrade, dans une petite ville de province. Je nous vois déjà passer la nuit ici, en attendant qu’un garage ouvre demain matin et en bon Tom Tom j’essaie déjà de reconfigurer le parcours en prenant en compte le retard d’un jour sur la route.
Heureusement nous avons plus de chance que cela : 2 jeunes approchent et, pour la première fois dans notre voyage, on nous demande en français si l’on a besoin d’aide. Un des jeunes était joueur de basket et a passé 3 ans dans des clubs en France. Son français est parfait et on lui fait comprendre notre problème. Maintenant il tient la concession auto à côté de laquelle nous nous étions garés et revend des voitures d’occasion achetées en France et en Italie. Les deux ont l’air de s’y connaître un peu en mécanique, mais son ami serbe reprend la main et commence à s’affairer sous le capot et sous le tableau de bord. C’est vraiment notre jour de chance, il est électricien ! Encore quelques essais, il réfléchie, se gratte la tête, teste tous les fils et le problème (un mauvais contact entre 2 fils) est résolu.
Nous le remercions vivement, lui offrons la dernière bouteille de vin qu’il nous reste et reprenons la route vers Belgrade. Quel plaisir d’entendre à nouveau le tic-tac du clignotant !

Avec nos amis dépanneurs serbes

Avec nos amis dépanneurs serbes

Пердус београдском (= Perdus à Belgrade)

Le dernier morceau de la route n’est pas parmi le plus beau qu’on ait fait : on est sur une nationale avec beaucoup de circulation et il pleut. Il fait encore jour lorsque nous approchons Belgrade et nous sommes contents d’avoir un peu de temps pour visiter la ville en soirée. Dommage car nous mettrons encore deux heures pour nous repérer dans la ville et trouver l’appartement !
En effet, pour éviter de tourner en rond à Belgrade (ce que nous allons quand même faire !), nous avions réservé un appartement (moins cher qu’une chambre d’hôtel) sur booking.com. Une fois arrivés au centre ville, mes capacités d’orientation touchent à leurs limites, car les noms des rues ne sont qu’en cyrillique ! Nous retrouvons quand même la direction vers la rue indiquée sur internet, sauf que la rue est en fait une place, nous ne sommes pas du bon côté et avec tous les sens uniques, il faut refaire un grand tour pour y arriver. Heureusement, puisque par chance nous trouvons la résidence où l’on avait loué l’appartement dans une rue parallèle et sans lien apparent avec l’adresse indiquée sur internet. Et c’est bien là, sauf que notre appartement est encore à une adresse différente, et le parking annoncé encore plus loin. Cette affaire n’est pas très nette mais il est 21h passées, on est fatigués et on a envie de se poser, ce que nous faisons finalement après plusieurs trajets dans le labyrinthe de ruelles à sens unique.
Nous finissons la journée dans le vieux centre de la ville, qui résonne de violons et d’orchestres. En effet, tous les restaurants traditionnels serbes proposent des animations musicales, qui font le bonheur des touristes, mais aussi des locaux car ils peuvent choisir les morceaux qu’ils chantent tous en cœur. N’étant pas très connaisseurs dans le répertoire traditionnel serbe, nous choisissons un restaurant qui a l’air plus calme, mais avons quand même droit à notre petit concert de chants traditionnels.
Comme partout dans les Balkans, les plats sont légers : un mètre de saucisse pour Jacques, un filet mignon entier pour moi (aucune exagération !).

Dommage que les chants ne s’enchaînent pas avec des danses pour éliminer un peu tout cela !

Quelques photos :

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2 commentaires
  1. bonjour, je lis attentivement vos récits, passionnants . êtes vous arrivés ? j’ai hâte de lire la suite
    bises
    Sylvie et Eric

    • Bonjour Sylvie et Eric,
      On est arrivés jeudi soir à Constanta et on est rentrés ce matin à Paris.
      Le retour sur Paris est un peu dur avec une nuit blanche car notre avion décollait à 6h ce matin. Le voyage s’est très bien passé, on s’est régalés.
      On a quelques jours de retard sur l’écriture des carnets de voyage. On va essayer de tout mettre à jour rapidement.
      A bientôt.

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