Jour #6 : en Croatie on veut racheter notre deuche !

Découverte de Pula

Au bord de la mer, ça sent vraiment les vacances et le réveil se fait en douceur. C’est calme, quelques touristes préparent leur sortie en mer pour plonger, tandis que nous nous dirigeons vers le café du camping pour ce qui est déjà devenue une routine : charger l’ensemble des appareils et mettre à jour le blog. La serveuse ne parle qu’allemand et a l’air sévère, mais fait tout pour nous aider à nous installer confortablement lorsqu’elle aperçoit nos mètres de câbles emmêlés et la variété de notre équipement (appareil photo, mobiles, portable).
Il fait tellement bon dans ce camping privé que l’on craignait tellement que nous le quittons à contre cœur. Première étape de la journée : visite de Pula, ancienne cité romaine au bord de la mer, avec beaucoup de vestiges bien conservés. La journée commence cette fois-ci avec une visite en bonne et due forme du parcmètre. Nous entamons ensuite un tour dans le centre historique, avec des petites rues pavées, de jolis immeubles en pierres dont j’ai du mal à reproduire en photos les décorations. D’un autre côté, on se croirait un peu dans le quartier touristique de Saint Michel à Paris : la promenade est parsemée du même type de restaurants attrape-touristes, dupliqués plusieurs fois. Mêmes menus affichés et traduits dans plusieurs langues et mêmes serveurs au grand sourire qui nous invitent à déjeuner. Mais ce ne sont pas les plats affichés, mais plutôt les chopes de bières fraîches qui donnent un peu envie. C’est normal : le soleil est au zénith et c’est leur de l’apéro. Tout le monde s’y plie sauf nous : on quitte rapidement cette rue des tentations et on se dirige vers l’amphithéâtre de Pula. C’est le 4ème plus grand au monde et il n’a rien à envier au Colisée de Rome. Bien qu’en partie refaite, la construction est impressionnante. En touristes consciencieux, nous louons un audio-guide et suivons les explications dont certaines nous font plonger dans l’atmosphère de « Gladiator », bruits de combat et rugissements de fauves compris.

Amphithéâtre de Pula

Amphithéâtre de Pula

Sur la route

Nous quittons Pula pour emprunter une route côtière et nous rapprocher au plus près des lacs Plitvice que nous allons visiter le lendemain. La vue est magnifique : nous traversons des montagnes vertes avec des vues plongeantes sur la côte. Nous croisons des touristes à tous les points de vue. Sur la route, la deuche a le même effet que de promener un chien dans un parc : cela attire tout de suite la sympathie de la plupart des gens et permet d’engager facilement des discussions. Je prends le volant et nous ralentissons quelque peu. Plus à l’aise sur les nationales droites et désertes, je le suis beaucoup moins lorsque nous entamons une partie de la route côtière très passante, un peu équivalente à la Côte d’Azur, entre Opatija et Rijecka. J’essaie de ne pas me laisser impressionner par la longue file de voiture derrière nous et me fais assister par mon copilote dans les moments difficiles, comme les démarrages en côtes ou le passage de la première vitesse. Une dernière pente très raide et prise en plus dans le mauvais sens est le signe qu’il faut changer de chauffeur si l’on veut avancer plus rapidement. Nous tentons la toute nouvelle autoroute croate pour rattraper le retard pris sur la côte et pendant la conduite accompagnée. Les kilomètres défilent, et avec eux les paysages de haute et moyenne montagne remplacent les vues de la côte. Nous quittons l’Istrie pour l’arrière pays croate, qui s’avère charmant, avec des enchaînements de petits villages ou l’on produit du vin (vino) et du fromage (sir). Il est un peu tard, nous ne savons pas encore où nous allons passer la nuit, et donc décidons de fermer (encore une fois !) les yeux devant ces tentations.

Rencontre sur le parking du Lidl

Il est déjà 20h00, la nuit commence à tomber et nous nous arrêtons à l’entrée du plus grand village u coin pour faire le plein. Le pompiste nous indique le chemin vers un supermarché Lidl et nous nous y pressons avant la fermeture. En sortant du supermarché, nous découvrons quelques fans autour de la deuche. La discussion est difficile, mais l’un des messieurs a un ami qui habite en France. Tout naturellement, il l’appelle et lui demande de traduire le message qu’il veut nous faire passer. C’est en réalité une proposition d’achat pour la voiture ! Nous refusons poliment et demandons en échange des indications pour un endroit où camper. Un des messieurs parle quelques mots en anglais et nous fait comprendre qu’il a la solution. On va en parler, mais tout d’abord, nous sommes invités pour prendre un verre au bar du village. Le monsieur légèrement anglophone avale rapidement 100 ml d’un liquide inconnu mais qui ne ressemble pas à de l’eau et nous quitte pour quelques instants. Il nous laisse en compagnie de son ami, qui est en fait le propriétaire du bar où l’on est invités. J’ai oublié de mentionner que j’étais la seule fille, quand on lui a posé la question « où sont les filles ? », il n’a pas eu de réponse évidente à nous donner, du moins pas de réponse facilement « mimable ». Pour se faire mieux comprendre, on rappelle l’ami croate basé à Lyon, qui nous explique que l’on se fera accompagner près d’un lac à environ 3 km de là, où il est possible de camper. Nous imaginons déjà la petite route de campagne, tenue secrète par les gens du village, on voit déjà la tente plantée au bord d’un lac isolé et nous prévoyons de tester une nouvelle recette d’asperges au barbecue.
Entre temps, la conversation à 3 sans l’aide de l’ami expatrié en France s’avère en peu plus pénible. Je regrette de ne pas avoir pris les quelques cours de croate que j’avais trouvés et de ne pas avoir pris de cours de théâtre, pour que mes gesticulations soient plus expressives. Lassé peut-être de ces jeux de pantomime, le monsieur dont on ignore le nom appelle l’un de ses autres amis du bar qui parle un peu anglais, pour continuer de nous entretenir. Le nouvel invité à notre table nous fait savoir qu’il y a tellement de mots qui désignent le salut en croate, qu’un célèbre écrivain leur a consacré un livre entier. Après quelques autres tentatives de conversation, le premier monsieur qui s’était absenté revient, et nous fait signe qu’il faut y aller. On ne comprend pas très bien, on part à 3 voitures et on en perd une en route, mais nous arrivons finalement près d’un lac. Le petit étang imaginé est en réalité encadré dans un grand parc boisé public, entouré de maisons. Notre guide nous quitte et nos sommes un peu déconcertés car l’endroit n’est pas vraiment idéal pour camper avec une route et des maisons très proches. Nous apercevons finalement un chemin qui mène vers une partie plus isolée du lac. On y voit une autre tente et je suis plus rassurée. Nous montons rapidement la nôtre, avec la dernière lumière du jour ; l’emplacement est choisi de manière un peu hâtive et notre dos le regrettera pendant la nuit (on s’est installé sur une grosse pierre). Le dîner est servi à la lumière de la lampe. Au menu : soupe à l’oignon et salade de tomates. On ne peut pas manger dans des restaurants gastronomiques tous les soirs !

Quelques photos :

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